Let's set the world on fire ; we can shine brighter



 
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 Let's set the world on fire ; we can shine brighter

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Jung Woo Hyun
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MessageSujet: Let's set the world on fire ; we can shine brighter   Ven 13 Avr - 13:06

« Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure »

Guillaume Apollinaire, « Le Pont Mirabeau » in Alcools

La ville gît en contrebas. Feux de circulations et néons multicolores percent de toutes parts le voile d’obscurité dont la nuit a recouvert les environs. On dirait un tapis de braises, rougeoyant et frémissant. Au milieu de ces cendres incandescentes, couve en silence un gigantesque incendie. Tu le sens, tu le sais. D’ailleurs, ça et là, quelques foyers se sont déjà déclarés. Tout palpite et crépite. Une main invisible brandit un sinistre tisonnier, avivant chaque flamme mal éteinte et passion inavouée qu’elle peut trouver. Certes, quelques flaques d’ombre subsistent encore par endroits, mais elles partiront bientôt en fumée. Tu t’y es assez brûlé les ailes pour en être persuadé. Tous ces espoirs et rêves calcinés ont marqué au fer rouge ta mémoire torturée. Cela ne t’ôte pas pour autant l’envie de t’approcher de ce brasier comme l’on voudrait se presser autour d’un poêle pour un tant soit peu se réchauffer. Des hauteurs depuis lesquelles tu observes ce spectacle aussi fascinant qu’inquiétant, tu tends un bras en avant. Tes doigts froids caressent à distance ces lumières chatoyantes. Malgré tout, la fièvre ne parvient pas à te gagner. Ta peau pâle, battue par les vents déchaînés, demeura glacée. Un ou deux frissons courts même le long de ton échine, t’arrachant de légers tremblements. Même le sang qui irrigue tes veines te paraît gelé. Tu as froid, terriblement froid. Dans tes yeux sombres, on peut encore déceler quelques étincelles de vie et de santé. Mais bientôt, plus rien ne viendra les allumer.

Etouffant un soupir exaspéré, tu refuses de te résigner. Tes mains agrippent le col de ton manteau et en ajustent les pans. A défaut de t’apporter un peu de chaleur, les vêtements que tu as sur le dos t’offrent au moins un minimum de tiédeur. Autrefois, tu te t’en serais contenté. Mais les temps ont changé, et les années passant t’ont rendu plus exigeant. Tu ne veux plus attendre, tu ne peux plus attendre. C’en est fini de l’inertie. Tout ton corps se met soudain un mouvement. D’un pas décidé, tu descends rapidement la rue. Les talons de tes souliers claquent sur l’asphalte. Ce son ne te dérange pas, il t’apaise même. Il couvre le bruit que fait ton cœur quand il vient s’écraser contre les parois de ta poitrine. Ce sont ces battements effrénés qui t’effraient. Padam, padam. Tic, tac. Chaque trépidation te rappelle que tes heures sont comptées.

Tu pousses la porte de l’établissement d’un geste vif. La soirée ne fait que commencer, et l’endroit est déjà bondé. Dans tous les coins, on bavasse et boit. Au bourdonnement des plates conversations se mêlent quelques bribes de disputes de comptoirs. Tout n’est qu’éclat de voix et autres bruits indistincts. A l’image de ce brouhaha, la foule se confond en une masse informe et compacte. Chercher quelqu’un dans cette multitude tonitruante serait comme fouiller une botte de foin pour y trouver une aiguille. Pourtant, ton regard sonde les alentours et la repère immédiatement. Des semaines passées à la harceler te permettent d’identifier sans délai sa silhouette et ses formes. Un sourire satisfait ourle tes lèvres, alors que tu marches en sa direction. Elle se tient près des cuisines et fait soudain volte-face, alors que tu arrives à seulement quelques centimètres d’elles. Vous voilà tout d’un coup nez à nez. Une de tes mains se saisit du plateau qu’elle manque de lâcher, l’autre se pose sur sa hanche.

« Je te dirais bien que ton père n’est qu’un vile voleur parce qu’il a sans doute volé toutes les étoiles du ciel et de l’univers pour les mettre dans tes yeux. Mais c’est un peu… enfin, même beaucoup… Bref, tu risques de me frapper, n’est-ce pas ? »

Honnêtement, cette proximité que vous partagez te gêne et te met mal à l’aise. Tu sens même tes joues s’empourprer. Tu n’as pas encore pu t’habituer, tu ne le pourras sûrement jamais. Ton embarras atteint de nouveaux quand tu repenses aux quelques mots que tu viens de prononcer. Hier, dans un vieux film que tu regardais, il y avait ce séducteur invétéré qui les alignait. La fille à qui il s’adressait se pâmait et lui tombait dans les bras. Tu ne saurais trop dire pourquoi, mais que déclamée par toi, cette réplique n’aura pas le même effet. Aussi tu recules d’un pas pour éviter un coup que l’on aurait raison de t’asséner. Dans l’espoir de te faire pardonner, tu jettes un coup d’œil au calepin de la demoiselle et entreprends de servir leurs boissons aux tables qui y sont indiqués.

« D’accord, d’accord. Sans commentaire. Et question plus intelligente : t’as bientôt fini ? Ton service devrait se terminer dans quelques minutes à peine, non ? »

Tu te retournes un instant, la tête inclinée sur le côté, un léger sourire aux lèvres. Une fille de ta classe t’a un jour dit qu’elle trouvait cela « trop craquant, à fondre même ». Mais là encore, tu doutes que Sora soit du même avis.

« Mieux encore : on fait quoi ce soir ? »
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Yong Sora
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MessageSujet: Re: Let's set the world on fire ; we can shine brighter   Dim 15 Avr - 13:48

Tous étaient là, installés à des tables confortablement ou même au comptoir du bar, sirotant un verre d'alcool et grignotant quelques cacahuètes pour bien commencer la soirée. Leurs paroles résonnaient fortement dans cette salle beaucoup trop petite, ce qui transformait ces conversations probablement palpitantes en un désagréable brouhaha. Personne ne savait ou donner de la tête, les clients souhaitant être servis dans les plus brefs délais, interpelaient les serveurs qui étaient déjà bien débordés en ce maigre début de soirée. Séoul c'était ça. La journée tout allait bien, le soir rien n'allait plus. La jeunesse s'activait, passant le début de la nuit, dans les bars café pour ensuite aller s'amuser jusqu'au petit matin suivant. Pour le Francki c'était là même chose, en début de journée, le calme apaisait l'atmosphère de ce café accueillant et conviviale, les habitués venaient y prendre leur déjeuné tout en discutant de temps à autre avec les serveurs et le gérant, puis la nuit tombée, l'endroit si tranquille quelques heures plutôt se teintait en un Capharnaüm déconcertant. La ville ne dormait jamais, chaque tranche d'âge avait son horaire et c'était ainsi tout au long de l'année.

J'inspirais profondément pour garder mon sang-froid et me retourner encore vers cette jeune femme qui m'apostrophait déjà pour la cinquième fois depuis son arrivée. Cette fois-ci elle voulait des glaçons. D'un sourire crispé, je lui repris son verre, et retournais au bar pour lui donner ce qu'elle désirait. Mon calme se perdait doucement, laissant place à un agacement palpable. Depuis 8 heures ce matin, j'étais ici, autant dire que j'avais fait mon temps et que je n'en pouvais plus à présent. Je retournais à la table de la casse-pied entourée de sa basse cour avant de déposer son verre devant elle en un claquement sonore. " Ce sera tout ?" demandais-je de manière hypocrite, elle et ses amies acquiescèrent et je repartais derrière mon bar, seul endroit ou je pouvais souffler quelques instants avant de repartir de plus belle. Ce soir était pire qu'à la normale, à croire qu'ils c'étaient tous donné rendez-vous dans ce café, pourtant discret d'Itaewon. Le Francki n'était pas un endroit branché, plutôt convivial, il n'attirait que rarement la jeunesse dorée de Séoul, mais ce soir ils étaient bien là, avec leurs exigences. Cela faisait plusieurs mois que je travaillais, 7 ou 8 maintenant. Ce café représentait ma famille de substitution, le lieu ou il fait bon d'y être. J'avoue avoir au début redouté mon travail ici, ne sachant pas à quoi m'attendre, j'ai été pour le moins assez surprise en comprenant que j'allais prendre le statut d'une simple serveuse. J'étais avant ça habituée aux trottoirs et donc aux hommes, ne donnant pas sans recevoir en échange, pourtant monsieur Kim, le patron du café m'avait prise sous son aile sans demander son dû. Mes débuts ont été assez chaotiques, la patience n'étant pas mon fort, j'avais du mal à gérer les ordres que certaine personne osait me donner et j'avoue avoir voulu jeter l'éponge plus d'une fois, tout plaquer et retourner à ma vie sans attache, mais je suis restée. Pour une raison évidente, l'argent. Hormis ça, je n'avais aucun revenu, rien. L'argent, mon plus grand vice. Je ne suis pas radine, conservatrice ou trop dépensière, mais j'aime l'argent, car sans ces petites pièces et billets volatils, je serais probablement perdue à l'heure qu'il est. Sans argent, on a rien dans la vie et je l'ai très vite compris, à mes dépens. Et puis bien entendu, dans le fond je me sentais bien au Francki, bien que je ne l'avouerais jamais de vive voix.

Un de mes collègues passa à mes côtés et me murmura que je pouvais prendre ma pose de quinze minutes. J'acquiesçais silencieusement, enfilait mon gilet et passait dans les cuisines pour sortir par la porte du fond. J'arrivais sur un parking ou le matin, quelques camions de livraison étaient présents. L'arrière du Bar/Café, donné sur une petite allée résidentielle plutôt calme en soi, mais d'ou je me trouvais la musique perçait tout de même la tranquillité des maisons. Je m'adossais contre un mur en soufflant. Mon cou craqua délicieusement bien et je me détendais enfin. J'attrapais dans la poche de mon jeans, un paquet de cigarettes, en sortais une puis la portais à ma bouche. J'allumais et aspirais, laissant la fumer retracer ma gorge jusqu'à s'essouffler dans mes poumons. Mes yeux s’étaient fermés d'eux-mêmes, je profitais de l'instant de ce poison doux qui détendait mes muscles à chaque bouffée tirée. En cette fin de journée, j'étais un peu stressé et sur les nerfs. Les clients n'arrangeaient rien à mon état, mais le problème n'était pas tout à fait là. Le manque commençait doucement à se faire ressentir. Je tentais de penser à autre chose, seulement le tremblement de mes mains ainsi que les sueurs froides à répétition me ramenaient bien vite sur terre. Je tirais une dernière latte sur ma clope avant de la jeter un peu plus loin. J'inspirais profondément et retournais à l'intérieur pour reprendre mon service qui était d'ailleurs bientôt terminé.

D'un pas rapide, je retournais derrière le bar, attrapant par la même occasion mon calepin sur le comptoir. Je remarquais quelques annotations correspondant à des commandes, je préparais ça en les disposant sur un plateau. Une fois finie je m'essuyais les mains à même mon pantalon avant de me saisir du plateau pour servir les tables. Je me retournais alors vivement et sans vraiment comprendre pourquoi, me retrouvais excessivement proche d'un visage qui m'était, à mes dépens, beaucoup trop familier. Je manquais de faire tomber au sol les verres, mais par chance il rattrapa le plateau dans un geste maitrisé. Je le sondais de haut en bas, ne bougeant pas. Que pouvait-il bien faire là encore aujourd'hui? J'avais pris l'habitude de le croiser très régulièrement, je m'étais alors demandais s'il me suivait puis j'en étais arrivée à la conclusion que oui. Je ne savais pas très bien ce qu'il me voulait, ni même ce qu'il attendait de ma personne, une chose était sûre, il m'encombrait plus qu'autre chose. Il n'était pas méchant, juste un peu trop collant et goujat sur les bords. D'après lui, il voulait apprendre les bases de la drague, car il ne voulait pas achever sa vie seul. Très bien, mais pourquoi moi ? Je plantais mon regard dans le sien, attendant qu'il réagisse et sa voix termina par s'élever. À mesure qu'il déblatérait, un sourire quelque peu moqueur étira mes lèvres sèches. Non il n'avait pas osé. Depuis le temps qu'il ne m'était plus inconnu, j'avais pu très clairement remarquer que Woo Hyun, n'était pas le meilleur dragueur qui soit. Il n'y connaissait même rien du tout, mais la réplique de film.. Il ne me l'avait encore jamais faite. Je voyais à son expression qu'il était gêné par la situation ce qui m'amusa doucement, puis il se recula. Je haussais les épaules signe de détachement. « Nan mais qu'est ce que tu fais là et puis, pourquoi voudrais-tu que je te frappe ?! Ah et pardonne moi, mais tu n'auras personne avec qui rentrer ce soir si tu recommences ce que tu viens de faire à l'instant. C'était tout sauf charmant. » annonçais-je sur un clin d'oeil amusé. J'étais franche avec lui, dans l'espoir peut-être qu'il aille rechercher des conseils chez une autre personne, mais non. Woo Hyun était marrant, il se donnait tellement de mal pour arriver à ses fins que de temps à autre ça en devenait hilarant. Pourtant, il en voulait, ça se remarquait grâce à ses yeux qui avaient l'air plutôt sincère. Pourtant, j'avoue ne pas croire à ses excuses bidon. D'après moi c'était juste un don Juan raté qui me draguait et qui cherchait par la même occasion à mettre des filles dans son lit. Encore une fois, il me surprit lorsque je sentis ses mains retirer le plateau des miennes, je voulais répliquer, mais dans le fond ça ne me dérangeait pas plus que ça. Qu'il le fasse après tout, moi depuis ce matin j'étais là à faire ce que lui ferait un instant même pas. Sa voix arriva à mes oreilles une nouvelle fois et je portais mon attention sur lui. Sa posture et l'expression qu'il affichait m'interpelèrent et je me retenais de soupirer fortement. Fallait-il vraiment tout lui apprendre? J'allais lui répondre, mais encore une fois il me coupa dans mon élan. « Oui effectivement je termine dans...» je regardais ma montre et soufflais de soulagement « Maintenant, j'ai terminé. En ce qui concerne ta dernière question.. Moi je sors, toi je ne sais pas.» Dis-je en détournant le regard. Il était hors de question qu'il vienne avec moi encore cette nuit. Je voulais être tranquille et profiter seule de ma soirée, ou du moins avec certains amis. Je retournais vers l'arrière-salle en passant par les cuisines, là où les clients ne pouvaient pas nous suivre. J'ouvrais mon casier et retirais mon tee-shirt pour en passer un propre, j'allais retourner chez moi de toute façon avant de ressortir jusqu'à je ne sais pas quelle heure de la nuit encore une fois. Je passais ma veste, attrapais mon sac et retournais dans la salle principale ou les conversations fusaient encore. Je passais à côté du garçon et sans lui portait un regard, avançais vers la sortie en saluant mes collègues. Avant de pousser la porte d'entrée, je me tournais tout de même. « Tu ne pensais tout de même pas qu'on allait sortir ensemble ce soir n'est-ce pas ? » Demandais-je en riant légèrement. J'étais mauvaise comme fille, oui, mais ça, il le savait, alors pourquoi perdait-il sont temps à s'accrocher à moi de la sorte ?



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